Ces blancs que je creuse
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Laurent Delaire    Plasticien

  

  

  

Je travaille principalement la peinture et le dessin. En parallèle et durant plus de 5 ans, j'ai réalisé une installation (Scripsi) montrée en 2018 au Parcours de l'Art à Avignon (cloître Saint-Louis). Mes environnements, présentés à la galerie Empreinte ou réalisés au cours d'une résidence (Dompierre-sur-Bersbre en 2009) restent pour moi des élémentss essentiels de mon parcours artistique. Elles sont montrées ici.

L.D.

                        

Partout dans le travail de Laurent Delaire, des éléments semblent manquer. Plus exactement ils semblent s'être déportés ailleurs dans l'oeuvre ou en dehors de celle-ci, en laissant toutefois derrière eux une trace de leur existence. C'est par exemple, sur un fond noir, une graphie blanche constituée par l'absence de medium à ces endroits-là (Scripsi). C'est aussi une partie du dessin qui a « migré » sur une autre feuille (Dessins fragmentés ou Fifty Percent Off) mais dont l'absence ne nuit pourtant pas à sa lecture. C'est enfin le medium même, la matière, la peinture tellement essuyée qu'elle a libéré le fond blanc du support et s'est transformée en vide mais surtout en lumière (Ces blancs que je creuse). Les espaces non atteints par la main sur les frottages disent que quelque chose a été. Mis en espace sur de grandes feuilles frémissantes des environnements, ils nous connectent à un autre monde.

Ce sont peut-être moins les sujets abordés que les procédés qui comptent le plus pour l'artiste, qui utilise par exemple différentes techniques de réserve afin de préserver le fond blanc. Et pour ne parler que de la peinture nous pourrions dire - n'ayons pas peur - que ce fond blanc tient certainement le premier rôle.

A plusieurs reprise le tableau est uniformément recouvert de medium noir (à l'huile). Puis il est méticuleusement essuyé jusqu'à l'obtention de dégradés et autres effets de lumière, produits précisément par l'absence de peinture. L'ultime étape, celle-là même qui caractérise le cycle Ces blancs que je creuse, consiste à retirer une ou des partie(s) de l'image finale à l'aide de divers outils coupants. Le geste est radical, plus radical que l'usage de la réserve, mais il restitue au grand jour des portions d'avant... d'avant la peinture, d'avant le geste, d'avant l'idée même. Ainsi deux espaces, celui de l'image, puis celui de l'origine, s'interpénètrent et questionnent le visible, là où la présence n'est plus qu'un fantôme et où parfois le fond blanc de l'origine semble vouloir passer au premier plan.

L.O.F.