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Laurent Delaire

Les images spectrales de Laurent Delaire

(cycle de dessins Fifty percent off)


Un dessin diaphane, au rendu photographique, est tramé de lignes horizontales construisant un brouillard diffus de fils blancs  ; denses et régulières, ces lignes sont obtenues en réserve par l’usage du drawing gum  qui dénude à cinquante pour cent la feuille de papier. Le processus suppose rigueur dans l’exécution du dessin et maîtrise dans les tracés au drawing gum qui initient la réalisation. Ce tramage perturbant suggère le brouillage qui résulte parfois d’une  mauvaise réception des chaines hertziennes.


Ce parasitage troublant affecte la lecture de l’image représentant des châssis disposés aléatoirement sur un plan de travail. Le regard oscille sans pouvoir se stabiliser entre l’image à la mine de plomb et la trame fluente, expression d’un espace- temps indéterminé. L’image est ainsi énergisée par ces vibrations cinétiques qui la convertisse en flux ou en ondes se propageant avec une même fréquence. Elle vit d’une excitation harmonique et acoustique. Elle contredit ainsi le statisme silencieux de l’image photographique initiale, celle qui a servi de modèle, celle représentant des châssis, dont la géométrie structure la composition.


Cette contradiction nourrit le mystère de l’apparence, impliquant le rapport entre l’image et le visible. Elle dénonce la fonction spéculaire présupposée du dessin. L’image incertaine et fuyante nous mène au-delà de son apparence vers un phénomène perceptif, c’est-à-dire un événement mobilisant la vision. Simultanément lacunaire, tamisée, partiellement amnésique et énigmatique, elle favorise l’attention consciente. Cette attention suppose que nous fassions silence en nous, à l’ère où l’inflation des images médiatiques conduit à son usure.


Jean-Claude Guerrero